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MUSIQUE :L’interview de Greg« C’est mon physique qui fait défaut »

Le 13 mars 2012 apparaissait pour la première fois devant l’ensemble de la presse à la faveur de la sortie de son premier album « Laafi la Boufan », un jeune au caractère timide, le nommé Grégoire Tongnooma Song-Naaba dit Greg le Burkimbila.

Ce fut la même année la révélation masculine de l’année 2012. Il creuva du même coup, l’audimat et remplira plus tard et le même jour, à deux reprises, la mythique salle de la maison du peuple. Greg le Burkinbila après avoir raflé les trophées au Kundé en 2013, « l’enfant prodige » du réalisateur Ibrahim Olukunga a été primé à Abidjan, en Côte d’Ivoire au PORO Music Awards comme meilleur espoir masculin Afrique.

Il a damné le pion dans la catégorie des artiste comme Serge Beynaud de la Côte d’Ivoire, Dooble et Fuse ODG du Ghana. Deux ans après, ce grand garçon de 28 ans continue toujours à chavirer le cœur de nombreuses filles et dames. Mais souvent retranché dans sa somptueuse villa à Ouaga 2000, il ne sort et ne reçoit que sur rendez-vous, nous l’avons rencontré à la salle des banquets de Ouaga 2000 le 30 juillet dernier où il nous a accordé cet entretien exclusif. Il ne donne presque pas d’interview mais exceptionnellement, il nous a ouvert son cœur.

C’est la période des vacances, est ce que Greg est-il aussi en vacances ?

Greg : Généralement les artistes ne sont pas en vacances, surtout moi. Tout simplement parce que je porte sur moi, une double charge. La casquette d’étudiant et d’artiste musicien n’est pas souvent difficile à porter. On ne parlera pas de vacances avec moi. C’est un choix et évidemment, je pouvais choisir de ne faire que les études, mais la musique est une de mes grandes passions.
Comment as-tu fais pour te lancer très jeune dans la musique ?
Je ne dirais pas que je me suis lancé très jeune car c’est mon physique qui fait défaut…

Tu as quel âge ?

Greg :(NDLR : il hésite avant de répondre) …C’est quelque chose que je dis rarement ; mais à toi, je vais le dire, j’ai 28 ans aujourd’hui. Mon album est sorti il y a deux ans, j’avais déjà 26 ans. Donc c’est à 26 ans que j’ai commencé la musique contrairement à ce que les autres artistes pensent. Par contre eux, ils sont rentrés un plus tôt que moi dans la musique.

La musique ne t’intéressait donc pas quand tu étais au primaire et au lycée ?

Greg:Elle m’intéressait, mais je vous voulais d’abord avancer le plus loin possible à l’école. Parce que la musique prend beaucoup de temps. Car tu es partout ; dans les studios, les salles de spectacles dans les provinces. J’ai préféré d’abord au moins obtenir mon BAC avant de penser à faire la musique.

Quel est ton niveau d’étude ?

Greg:J’ai un BAC+2, donc je suis en deuxième année comptabilité. J’ai eu un BAC en finance-comptabilité, aujourd’hui je suis en deuxième année et l’année prochaine, je préparerais ma licence. J’espère que ça va aller car c’est vraiment difficile pour moi. Si je voulais reculer, j’allais un tout petit retarder la musique et poursuivre mes études. J’éprouve néanmoins du mal à concilier les deux.

Mais tu y arrives toute de même. Comment procèdes-tu ?

Greg:Pendant l’année scolaire, je me balade avec mes cahiers dans la voiture. Quand j’ai des prestations, je révise les cours dans le véhicule. Dans la nuit, je rentre un peu tard et j’en profite aussi pour parcourir quelques leçons. Les artistes malheureusement travaillent beaucoup plus la nuit et dans la journée j’en profite pour me rattraper. Je cours derrière les documents, j’attrape certains camarades qui me filent leurs cahiers afin que je recopie les leçons.

Où est ce que tu prends tes cours ?

Greg:Je m’intéresse plutôt aux fascicules, j’entre en contact avec mes amis qui sont déjà en classe, je prends leur cahier pour photocopier. Il y a des cours qui sont déjà en mode PDF, il suffit que je copie et je colle. De temps en temps, il y aussi des amis qui viennent chez moi et ensemble nous bossons souvent. Je te précise que je possède un grand tableau noir chez moi.

Comment tu te comportes avec tes camarades ?

Greg:Ils ne voient pas comme un artiste ! Ils me voient en tant que Song-Naaba Grégoire. Un ami qu’ils ont connu sur les bancs de l’école, rien n’a changé entre-nous. Les comportements demeurent les mêmes et l’amitié ne change pas.

Tu te comportes comme une vraie star. Comment réagis-tu quand tu te fais accoster dans la rue ?

Greg:Le Burkina Faso est un pays où nous avons la chance d’avoir des fans compréhensibles. Car quand ils me voient, ils ne me fatiguent pas, c’est juste des bénédictions qu’ils me donnent. J’ai vraiment eu la chance de croiser certaines personnes qui m’encouragent. Le but recherché n’est pas de me limiter à un premier album ou de me taper la poitrine en affirmant que je suis un artiste ou une star. Les stars sont celles qui se baladent partout dans le monde, mais moi, je ne suis pas encore arrivé à cette étape. En toute franchise, je n’ai rien fait d’abord !

On dit que tu es assez distant vis-à-vis de ton entourage, que tu fais le « malin ». Que réponds-tu à cela ?

Greg:Ce n’est pas mon caractère ! Des gens racontent des inepties, la preuve, tout à l’heure, j’étais avec ma sœur Mariah Bissongo. Il n’y a aucun problème. Je suis en contact avec par exemple Alif Naaba, on s’appelle de temps en temps. Il y a Floby aussi que j’appelle le plus souvent. Franchement se sont des accusations non fondées ! Ces artistes que je viens de citer peuvent confirmer mes propos. Peut-être que se sont mes études qui causent ce barrage entre moi et les artistes parce que je n’ai pas souvent du temps pour à me consacrer. Je vais profiter d’ailleurs de ces vacances d’études pour relancer mes relations. Mes fans attendent de moi, quelque chose de nouveau.
Egalement dans les coulisses avant les spectacles, tu es toujours à l’écart de tes collègues et enfermé dans ta somptueuse voiture…
Pour cette question, je répondrais sans hésiter oui ! Ce n’est pas une façon de me mettre à l’écart. A quelques minutes avant de monter sur scène, je m’isole. Parce que j’ai besoin d’être tranquille, vider mon esprit et surtout me concentrer. Ce n’est pas donné à tout le monde de monter sur scène devant un public énorme. Je m’isole mais ce n’est pas pour autant que quand un collègue m’interpelle, je vais refuser de lui répondre.

Tu te trouves en porte à faux entre le playbak et le live. Quelle est ta préférence ?

Greg:J’aurai bien voulu jouer régulièrement en live mais, nous sommes dans un pays où la dimension live n’est pas suffisamment prise en compte. Il n’y a pas assez de scènes live au Burkina. Je peux même affirmer que sur l’ensemble du territoire burkinabè, il n’y a que dix scènes live où on m’invite l’année. C’est vraiment insuffisant pour un artiste qui voudrait faire du live. Pour cela il sera difficile pour lui de s’en sortir. Raison pour laquelle, nous sommes souvent obligés de nous tourner vers des spectacles playback. Pour ceux qui m’ont remarqué sur des scènes playback, je demande toujours au DJ d’ouvrir mon micro car je voudrais m’exprimer vocalement. Chanter devant un micro fermer, c’est jouer au clown !

Combien coûte Greg pour un spectacle ?

Greg:Je n’ai pas de prix. Les promoteurs ne sont pas les mêmes. Les manifestations aussi varient. Mon cachet varie aussi en fonction des évènements. J’ai déjà joué gratuitement dans des manifestations, certaines personnes peuvent l’attester. Il y a eu des cas de spectacles où j’y suis allé rien que pour le soutien. Mais il y a aussi certains spectacles où on est obligé de parler argent car sommes des artistes et nous ne vivons que de ça. C’est en quelque sorte notre salaire car nous avons aussi des charges. Comme on a souvent l’habitude de dire en mooré « Reem dem dè ba, ton ka réné » qui veut dire que « ce n’est pas de l’amusement ».
Greg coûte tout de même cher…
C’est ce que les gens spéculent ! Celui qui le dit c’est parce qu’il n’a pas pu m’avoir dans son concert et plus tard, il affirme partout que je suis cher. Je n’ai pas de prix fixe. J’ai joué dans des manifestations gratuitement, j’ai joué à des manifestations à 200 000 CFA, à 300 000 FCFA, à 400 000 FCFA, à 500 OOO FCFA, à 600 000 FCFA, à 800 000 FCFA et plus. Les chiffres varient.

Es-tu donc riche ?

Greg:Riche pour moi ça veut dire qu’on n’a plus rien à craindre de la vie, que l’on se suffit et surtout que l’on décide de tout. Aujourd’hui, je ne peux pas me permettre de dire que je suis riche. Je ne suis rien d’abord ! (NDLR : il répète la phrase). Je suis en train de me chercher. J’essaye pour l’instant de me battre pour avoir le minimum et me sentir à l’aise pour continuer le combat que je mène…
Tu possèdes une maison qui t’appartient, ta luxueuse voiture « Dodge » est juste garée derrière moi. C’est déjà assez suffisant pour affirmer que tu es un artiste riche.
Peut être que je ne connais pas la définition du mot riche. De toutes les façons, je pense que je ne suis pas encore arrivé au point où je pourrai dire que je le suis. Je me cherche d’abord ! Entre la musique et les études, je me vois plus étudiant. Tu conviendrais avec moi que la musique ne nourrit pas considérablement l’artiste. Il faut faire une activité parallèle pour pouvoir véritablement s’en sortir.

Est-ce que Greg est marié ? Des enfants ?

Greg:Affirmatif ! J’ai une femme et une petite fille qui s’appelle Chanelle, elle vient de naître, elle a 10 mois. Nous vivons tous les trois sous le même toit.

Ton plat préféré ?

Greg:Comme nous connaissons tous notre pays, le plat le plus connu est le riz (rires). J’en mange énormément donc j’aime. En plus j’aime le « Babenda » (rires) peut être que tu ne connais pas, mais je t’assure, c’est très bon ! J’aime le spaghettis et certains plats habituels. Dans les restaurants également, j’ai mangé certains plats dont je ne connais pas les noms, mais c’était vraiment très bon.

Des loisirs ou est ce que tu vas souvent danser en boîte de nuit ?

Greg:Je vais en boîte de nuit, de temps en temps car il y a souvent les managers de ces espaces qui m’invitent de temps à autres pour faire de la figuration dans le bon sens du terme. Mais à titre personnel, je n’y vais pas car je n’ai pas souvent beaucoup de temps à accorder pour mes loisirs.
Tu fais aussi du cinéma. Un mot là-dessus
Ça fait pratiquement deux ans que je ne suis pas allé sur un plateau de tournage. Après le film « Le royaume de Zabota », j’ai joué dans « Je veux ta femme ». Bref pour le moment, je n’ai que fais deux films dans ma vie. Ce fut de très belles expériences et certainement ce ne sont pas mes derniers films. Le cinéma pour moi est accessoire à la musique. Je suis d’abord et avant tout artiste musicien après vient le cinéma.

Pourquoi ce silence lattant pour la sortie du deuxième album ?

Greg:Mon premier album m’a coûté deux bonnes années. J’ai commencé l’enregistrement en 2010 et l’album est sorti en 2012. Tout cela s’était dans le but de sortir quelque chose de consistant et de qualité, la preuve les gens ont adopté l’opus. Même si je reconnais que ça été difficile car beaucoup étaient convaincus que je n’étais pas burkinabè. Tout cela était dû à la qualité de l’album, ce n’est pas pour me jeter les fleurs. Je n’ai donc pas droit à l’erreur. Il ne faut pas que j’aille vite en besogne, il ne faut pas que je me laisse influencer par la musique du monde. Certains possèdent beaucoup d’inspirations, quant au mien, il prend trop de temps. Donc je prendrai le temps qu’il faut pour sortir mon deuxième album.

Ton producteur connaît bien la communauté nigériane, avec l’avancée de leur musique, pourquoi ne pas faire des featuring ?

Greg:Il n’y a pas que les artistes nigérians qui m’intéressent. Même dans mon pays, il ya des artistes avec qui, j’ai besoin de faire des collaborations. On ne me demande pas pourquoi jusqu’à présent, je n’ai pas encore fait de feat avec Floby. On ne pense qu’aux artistes nigérians. On ne demande pas pourquoi je ne fais pas de feat avec Alif Naaba, Bil Aka Kora ou encore Dez Altino. Un featuring ne se fait pas du jour au lendemain. Quand on veut faire une collaboration, cela répond à une certaine norme et selon un but bien prédéfini. Aujourd’hui les gens pensent que faire un feat, c’est gratuit. Pourtant c’est payant, quand vous voulez le faire avec une célébrité. Avant de faire un feat, il faudrait vraiment prendre du temps sur le volet artistique. J’écoute souvent des feat faites à la hâte qui n’ont ni tête ni queue. Quant à moi avant de faire un feat avec un artiste, je prendrais au moins un mois de résidence de création avec lui.

A quand donc le prochain album ?

Greg:De toutes les façons, ça ne saurait tarder. C’est une surprise que je réserve à la population burkinabè. Certainement… huuum… D’ici là… Je ne donne pas de précision car ça sera une surprise…

Tu n’as pas peur que ce deuxième album ne soit un échec, car le premier avait atteint tous les sommets ?

Greg:Effectivement les gens disent que j’ai tout donné au premier album. Mais je ne suis pas du même avis car je possède encore beaucoup de ressources artistiques en moi.

Jabbar !

Par :Hervé David Honla


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